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Qu’est-ce que le syndrome d’hypersensibilité chimique multiple et quelle en est la cause ?

Vous nous avez fait parvenir un message de WhatsApp (al +34 666 90 83 53) pour nous demander s’il était vrai que le syndrome d’hypersensibilité chimique multiple (HCM), une maladie au diagnostic difficile qui provoque une grande variété de symptômes touchant divers organes et systèmes, était d’origine psychologique. Selon les preuves scientifiques dont on dispose à l’heure actuelle, ce ne serait pas le cas. Bien qu’on n’en connaisse toujours pas les causes ni le développement de cette maladie chronique, son origine est liée à l’exposition à des substances présentes dans l’environnement (comme les dissolvants, les hydrocarbures ou les métaux lourds) à des doses si faibles qu’on considère qu’elles ne peuvent pas produire des effets indésirables dans la population générale. Par ailleurs, il n’existe aucun traitement établi mis à part le contrôle des symptômes et l’évitement de l’exposition aux produits déclencheurs.

À la date du 30 juin 2021, ni l’Orgpsanisation mondiale de la Santé (OMS) ni l’Association médicale américaine (AMA) ne font figurer cette maladie dans leur liste officielle, même si certains pays l’ont fait, comme l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche ou le Japon. L’Espagne a reconnu ce syndrome comme maladie en 2014, selon un rapport publié par le Ministère de la Santé, qui soulignait que l’on n’en connaissait pas les causes, mais l’associait à l’exposition à des substances chimiques présentes dans le milieu ambiant.

Un monde chimique

« Nous évoluons dans un monde chimique, explique à Verificat Joaquim Fernández, médecin en médecine interne et chef de l’Unité des syndromes de sensibilisation centrale de l’Hospital Clínic de Barcelone. Il s’agit d’une maladie complexe qui présente différents facteurs. Certains dépendent de la personne, d’autres du sexe, et il existe également une relation avec une exposition qui a duré un certain temps », poursuit-il, avant de conclure que « s’il n’y a pas d’exposition à des produits chimiques, il n’y a pas de maladie ».

En Europe, on recense plus de 144 000 produits chimiques artificiels (créés par l’être humain). On les trouve dans l’air (pesticides et produits de combustion), dans les aliments et dans l’eau (fongicides et cires protectrices). Ils font partie de notre quotidien (parfums, plastiques ou rubans adhésifs). L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) est en charge de la réglementation en Europe de la production et des transactions de produits chimiques, de manière à ce qu’elles se déroulent en toute sécurité pour la santé humaine.

Il est difficile d’évaluer la prévalence de ce syndrome

On sait que certaines personnes sont plus sensibles à ces produits que le reste de la population et qu’elles développent des symptômes liés à la SCM en raison d’une exposition continue à des doses très basses. Cependant, il est difficile d’évaluer la prévalence de ce syndrome. Un rapport publié par le ministère de la Santé en 2015 estimait qu’il touchait entre 2 et 4 personnes sur 10 000, mais des études plus récentes portent la prévalence estimée à 50 cas, et certaines parlent même d’une prévalence supérieure aux 100 cas pour 10 000 habitants.

Ce syndrome est plus répandu chez les femmes d’âge moyen. Il provoque une large gamme de de symptômes de différentes durées, intensités et chronicités, allant des maux de tête et musculaires aux pertes de mémoire, en passant par la toux, les nausées, et même l’asthme. La maladie est chronique et « peut même être invalidante », affirme Joaquim Fernández.

L’HCM fait partie du groupe des syndromes de sensibilité centrale, parmi lesquels on trouve notamment la fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique. « Il s’agit d’un nouvel ensemble de pathologies en lien avec la charge environnementale et qui touche des personnes très sensibles », poursuit l’expert.

Difficulté de diagnostic et de traitement

L’inconnue quant aux causes biologiques de cette maladie empêche de poser un diagnostic par le biais d’analyses biologiques ou exploratoires, et les médecins se voient contraints à se fonder exclusivement sur des critères cliniques, c’est-à-dire sur l’ensemble des symptômes que présente le patient ainsi que son historique d’expositions à des produits chimiques : « Nous disposons de critères de définition de la maladie ainsi que des questionnaires d’impact sur le degré de gravité », explique J. Fernández.

Il n’existe pas non plus d’unicité de traitement : en l’absence de connaissance de l’étiologie et des causes de cette pathologie, on ne peut que contenir les symptômes et prévenir l’exposition, voire même recommander dans certains cas l’isolement. Comme l’indique le site Canal Salut [canal santé] du gouvernement de Catalogne, les patients doivent « éviter la réexposition aux produits que la personne ne tolère plus » et doivent donc « améliorer la ventilation du domicile, éviter les atmosphères enfumées, ne pas s’exposer aux environnements sources d’irritation (gaz et fumées) et consommer des aliments bio ». Malgré cela, le site avertit du fait que la maladie peut « détériorer la qualité de vie des personnes touchées ».

Théories au sujet de l’origine psychologique de la maladie

L’hypersensibilité chimique multiple a fait l’objet d’une polémique au sein de la communauté scientifique. En plus des études qui lui imputent une origine toxicologique, un certain nombre l’ont associée à des causes psychologiques ou psychosomatiques (symptômes engendrés par un état psychologique). L’absence d’altérations biologiques a apporté du poids à cette hypothèse, qui n’a toujours pas été définitivement écartée.

Néanmoins, il semble que la communauté scientifique s’oriente vers une origine toxicologique. La Société espagnole de médecine interne explique qu’« à mesure qu’on progresse dans la connaissance de l’HCM, on observe un nombre grandissant d’études s’intéressant à l’origine organico-toxique et une diminution des travaux s’intéressant à une cause psychopathologique ».

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